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Les spectacles

4.48 Psychose de Sarah Kane


"C’est ici que je suis et voilà mon corps qui danse sur du verre"

4.48 Psychose, douloureux titre qui annonce la difficulté du texte. Et pourtant, il ne faut pas s'y fier. C'est tout en poésie , en douceur, en sensualité, en énergie vitale et féroce que j'ai envie de dire ce texte. Je l'amadoue, je lui tourne autour et je l'attrape pour essayer de lui donner vie comme il l'a fait pour moi.

"Rien qu’un mot sur une page et le théâtre est là"

La rencontre avec la pièce de Sarah Kane est celle d’une renaissance, celle de Leslie qui en répétant les mots de 4.48 Psychose semblait s’en nourrir pour reprendre de la force et entretenir le chemin de la création.
Chaque séquence de texte, par sa disposition dans la page, nous obligeait à chercher une mise en espace singulière. Passer de la danse à la parole chuchotée, du cri à l’immobilité, chercher comment le corps prenait place pour dire telle séquence de phrases, indépendamment du sens. La lisibilité nous arrivait souvent après l’épreuve du plateau.

"Rien qu’un mot sur la page et le théâtre est là". La précision du mot est chirurgicale, rien de convenu, de déjà dit, la soif de vérité est inassouvie, et cette exigence nous remet tous en question devant les compromis quotidiens que nous faisons pour continuer à vivre ensemble dans les règles, quand bien même ces règles sont injustes et révoltantes. Leçon de théâtre aussi sur la façon d’aller à l’essentiel, de supprimer le superflu pour ne pas dénaturer le propos de l’auteur.



Testament d’une jeune femme qui bouleversa l’histoire du théâtre en 5 créations et qui se suicida à 28 ans, ce texte est avant tout écrit pour être entendu, simplement, et la voix de l’actrice est ici primordiale; il faut une évidence, un dialogue intime entre celle qui a écrit et l’autre qui est là pour dire, interprète dont la propre histoire se doit de résonner avec ce qui est dit.  

Le médecin est présent sur le plateau, c’est une silhouette fantomatique issue de la mémoire de celle qui parle, un mannequin en quelque sorte dont elle fait son jouet. Mais sa voix est nécessaire à l’équilibre de l’ensemble. Ses apparitions ponctuent la parole de Sarah Kane, et permettent à l’actrice de poursuivre le fil de sa pensée.

4.48 la petite chanson





L’accompagnement sonore est essentiel, il décale le propos et le rend plus léger, il entretient une certaine ironie à l’égard de cette parole extrême, sans concession, il renforce la notion de jeu.
Nous situons l’action à un moment de passage, de dépouillement aussi. Un vestiaire qui peut être celui d’une piscine, lieu où on quitte ses horipeaux pour être soi-même.


Distribution
Leslie Bernard
Antonin Friedberg

Mise en scène et scénographie
Jean-Jacques Parquier

Lumière
Bruno Marchetti

Bande son
Léo Paoletti

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